Voilà quelques jours, dans une lettre adressée au président de la
République, le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) a
fait part de son inquiétude sur le calendrier d'adoption de la loi
Hadopi, révèle les Échos. Extrait cité :
« Il semble que
son inscription, dès le mois d'octobre, à l'ordre du jour du Sénat
(...) ne soit plus assurée. Un éventuel nouveau report de ce débat nous
inquièterait au plus haut point. (...) Nous vous demandons par
conséquent, aujourd'hui, de bien vouloir veiller à ce que le projet de
loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur
Internet soit effectivement débattu [par] le Parlement dès la reprise
de la session ordinaire et définitivement adopté avant la fin de
l'année. »
Un calendrier tenu
Une inquiétude qui n'aura pas tardé à être levée : le ministère de la Culture l'a finalement certifié à nos confrères : « Le calendrier est maintenu pour l'automne ».
Le texte de la loi Hadopi, renommé avec le temps Création et Internet,
serait donc bel et bien présenté cette année aux parlementaires, avec
un objectif prioritaire d'éviter les déconvenues de la DADVSI.
On se souvient de l'enlisement stratégique de ce texte de loi au
Parlement : l'ordre du jour avait été huilé pour faire adopter le texte
durant la tranquillité des fêtes de fin d'année, entre le 20 et 22
décembre 2005, aiguillé en plus par une procédure d'urgence. Un soir,
le vote-surprise d'amendements étendant en France la copie privée sur
le terrain d'Internet (licence légale) avait fait capoter l'agenda de
Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture d'alors, ouvrant la
porte à un long débat public.
On se rappelle encore qu'avant
l'ouverture des débats DADVSI sur les DRM et tout leur écosystème, des
représentants de plateformes payantes, invités par le président de
l'Assemblée, et badgés « Ministère de la Culture », distribuaient à
tour de bras des bons d'achat aux députés pour télécharger sur leur
plateforme… Autant dire que la démarche souleva un beau tollé et ce
genre de choix marketing pour éblouir les députés ne sera pas reproduit
cette fois-ci.
Texte présenté d'abord au Sénat
Pour en revenir au texte Hadopi, le document est actuellement entre les
mains de la Commission culturelle du Sénat. Plusieurs auditions des
principaux acteurs, sous l'égide de Michel Thiollière, le rapporteur du
projet de loi (déjà rapporteur de la loi DADVSI), ont eu lieu et se
poursuivront en septembre afin de peaufiner le rapport attaché au
texte.
Un train de mesures sensibles
Le
texte fera de la France un véritable laboratoire européen de la lutte
contre le piratage : riposte graduée, suspension de ligne (mais non du
paiement des abonnements) contre les internautes qui auront mal
sécurisé leur ligne malgré plusieurs rappels à l'ordre faits parfois
par simple mail, mise en place du filtrage (article 5 du projet selon
lequel « en présence d'une atteinte à un droit d'auteur (…) le
tribunal de grande instance (…) peut ordonner à la demande des [ayants
droit] ou des organismes de défense professionnelle [comme l'ALPA],
toute mesure de suspension ou de filtrage des contenus portant atteinte
à un droit d'auteur ou un droit voisin, ainsi que toute mesure de
restriction de l'accès à ces contenus, à l'encontre de toute personne
en situation de contribuer à y remédier ou de contribuer à éviter son
renouvellement »). Toutes ces mesures quasi pénales seront mises en place dès le printemps, assure encore le ministère (voir notre dossier sur ce texte).
Mme Albanel entend également profiter du vote européen du Paquet
Télécom pour forcer les FAI du vieux continent à mettre en place un
système de message d'avertissement à l'encontre de leurs abonnés.
Ce laboratoire français n'a pas encore développé de solutions pour
étoffer dans le même temps l'offre. La priorité est placée sur la
prévention et la répression, le volet de l'offre légale étant reporté
dans un train d'actions volontaires et d'accords promis après la mise
en place de l'Hadopi.
source : 
|