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DRM c'est fini ?
L'année 2007 aura été marqué par le ralliement
progressif de l'industrie musicale à la vente de titres et d'albums
sans ces verrous technologiques inventés par Microsoft et Apple afin de
restreindre l'usage que l'on peut faire de la musique légalement
acquise sur les réseaux. En l'espace de quelques mois, les majors du
disque (EMI, Warner, Universal et Sony-BMG) ont toutes plus ou moins
commencé à débrider leurs catalogues - comme sur la plateforme d'Amazon
— et rejoints un mouvement initié par les indépendants.
S'il est encore trop tôt pour dire dans quelle mesure
ces achats sans DRM (digital rights management) dopent les ventes d'un
marché numérique qui peine toujours à décoller, ces systèmes anti-copie
n'ont pas pour autant entièrement disparu du paysage. A la différence
des téléchargements à l'acte et définitifs - l'essentiel du marché
digital aujourd'hui - pour lesquels on s'oriente vers leur suppression,
la question de leur maintien se pose toujours dans le cas des formules
d'abonnement. « Ces offres très larges comprendront nécéssairement du DRM », prévient le PDG d'Universal Pascal Nègre selon lequel ce serait de « la folie » de proposer l'accès à plusieurs millions de titres sans la moindre protection.
L'industrie du disque craint que certains en profitent
pour télécharger des milliers de fichiers musicaux avant de se
désabonner. Un cas de figure rendu possible par les forfaits Illymitics
de SFR mais qui ne s'est pas produit à ce jour. Encore minoritaires,
certains comme Stéphane Bourdoiseau, PDG du premier indépendant
français Wagram, jugent que c'est un risque à prendre afin de rendre
ces offres réellement attractives face au piratage, par définition sans
aucunes restrictions.
Y'a du mobile dans l'air
Avec une part de marché de 32,6% de la musique
numérique, les fabricants et opérateurs de téléphonie mobile deviennent
des acteurs clés du secteur. Les 53 millions d'abonnés au mobile en
France n'écoutent pas tous, loin de là, de la musique sur leur portable
mais le baladeur musical le plus vendu au monde est aujourd'hui le
téléphone.
Avec 146 millions de téléphones musicaux écoulés par
Nokia en 2007, la musique est bien le meilleur produit d'appel pour
l'industrie du mobile. Voilà pourquoi les fabricants comme les
opérateurs, très présents au Midem rivalisent dans la surenchère de
bouquets de services musicaux mobiles. En attendant l'arrivée de
mobiles pré-chargés en musique dès l'achat et la généralisation des
technologies de reconnaissance musicale (le téléphone reconnaît
automatiquement la musique diffusée), chacun des acteurs affine sa
stratégie musicale. Nokia et Sony-Ericsson enrichissent les catalogues
de leurs boutiques respectives tout comme SFR et Orange qui jouent la
carte de services musicaux « convergents » présents à la fois sur le
mobile et l'ordinateur et sans doute bientôt accessibles dans un
package liant abonnement à Internet et à un réseau mobile.
Dans cette course au plus grand nombre de « multiple
play » en abonnement (téléphone fixe et mobile, accès à l'Internet, à
la télévision, à la musique et au cinéma, etc.), pas sûr que le
consommateur y gagne en clarté. La multiplication des couches et des
intermédiaires n'est pas forcément le meilleur garant de cet accès le
plus simple possible à la musique revendiqué par tous.
La musique à 360 degrés
C'est la dernières expression à la mode dans les
maisons de disques. Remises en cause dans leurs fondements mêmes par la
désintermédiation de la musique à l'ère des réseaux, les acteurs de la
filière musicale cherchent à exploiter les artistes comme des marques
en diversifiant au maximum leurs activités. Dans sa recherche effrénée
de nouvelles sources de revenus, le producteur de musique devient tout
à la fois éditeur (la gestion des droits des catalogues), « tourneur »
de concerts, patron de salle, manager, vendeur de produits dérivés
(merchandising), etc.
D'où ce concept de 360 degrés, cercle d'exploitations
tous azimuts autour de la carrière des artistes. Si les indépendants,
plus fragiles, ont les premiers compris la nécéssité de ne pas se
cantonner aux métiers traditionnels du disque (management, organisation
de concerts et salles chez Because Music, édition de livres et DVD pour
Naïve), les majors leur ont plus récemment emboîté le pas et poussé
leurs artistes à leur signer des contrats « 360 degrés ».
Si Madonna a quitté Warner à l'automne dernier et
confié tous ses intérêts à l'organisateur de concerts Live Nation pour
120 millions de dollars, la même Warner vient tout juste de racheter
Jean-Claude Camus productions qui gère les tournées de Michel Sardou,
Jean-Michel Jarre et Johnny et Front Line management en 2007, agence de
carrières d'artistes. Déjà propriétaire de l'Olympia depuis 2001,
Universal a pour sa part acquis en 2007 Sanctuary Group (merchandising
et tournées) et Sony BMG l'entrepreneur de spectacles Arachnée
productions. Il y a de l'intégration dans l'air... |