Le
torpillage juridictionnel de la rémunération pour copie privée se
poursuit de plus belle. On le sait, le Conseil d'État avait annulé une décision de
la Commission d'Albis, compétente pour établir les supports et les
montants soumis à la taxe pour copie privée. À la vue des pièces du
dossier, il avait été relevé que la Commission tenait compte aussi bien
des usages licites que des usages illicites pour calculer les montants
de rémunération pour copie privée, alors que seuls les premiers peuvent
entrer dans les bases de calcul déterminant les montants de la taxe.
Aujourd'hui, l'AFOM, association française des opérateurs mobiles,
vient à son tour d'attaquer une décision de la Commission. Tout
spécialement celle qui étend l'application de la taxe copie privée aux
téléphones mobiles multimédias. Après la décision 7 c'est donc la
décision 10 du 27 février 2008 (dite Taxe iPhone) qui est frappée d'un
recours devant le Conseil d'État. L'action est motivée par les mêmes
arguments juridiques que la décision du Conseil d'État rendu ce 11
juillet dernier (sur les mémoires et disques durs de baladeurs et
appareils de salon dédiés à l'enregistrement numérique). Ce n'est pas
une surprise puisque l'arrêt du Conseil d'État «
invalide la méthode de calcul adoptée par la Commission et qu'elle a
conservée dans ses décisions ultérieures, et notamment pour la taxation
des téléphones mobiles multimédias ».
Si la procédure parvient à son terme, ce sont tous les téléphones
multimédias taxés depuis le 1er mai qui se retrouveront débarrassés de
cette majoration (toute la grille).
On remarquera que pour le cas présent, la situation est encore plus
épineuse. Pour aller au plus vite, la Commission avait estimé que seuls
les appareils répondant à des critères techniques (notamment la
présence de touches de lectures multimédias) devaient en premier lieu
être concernés par la taxe. Et pour accélérer encore les choses, il
avait été jugé plus simple d'assimiler ces téléphones à de simples
baladeurs type iPod afin de leur appliquer la ponction en vigueur. Un
iPhone serait ainsi plus qu'un simple baladeur, avec une fonction
téléphonique… Cette « cuisine » devait prendre fin en décembre 2008 par
la publication d'une étude sur les usages en la matière et donc de la
réalisation d'un vrai barème spécifique à tous les téléphones
multimédias.
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